DAY 375-405: Chili Paradis | Chile Paradise

DAY 375-405 : Chili Paradis. 15368 KM.

Le Chili… Ce pays m’attire tant depuis mon départ. Et mon intuition avait raison. Le départ de Mendoza se fait en solo, je me sépare de mon équipe avec Juan et Hilda et me décide à faire du pouce pour l’ascencion à la frontière. C’est que j’ai rendez-vous avec une amie de longue date à Valparaiso et j’ai envie de profiter et me reposer à fond. Je longe une autoroute bien fréquentée et arrive finalement à une station service. On m’a dit qu’ici les conducteurs de camion s’arrêtent avant de partir exporter au Chili. Je repère les plaques du pays et m’en vais demander aux chauffeurs. Bon, on dirait qu’ils n’ont pas vraiment envie de m’aider pour le coup… Le début de l’après-midi pointe déjà le bout de son nez, je suis seulement à 25 km de Mendoza et encore une longue route en stop m’attend. Bien puisque c’est comme ça je m’en vais d’ici. Je pédale moins d’un kilomètre pour rejoindre l’embranchement de ladite route et retente l’expérience. Youpieee un fourgon s’arrête! Daniel, qui voyage pour son boulot, va en direction de ma destination mais stoppera un peu avant. Toute heureuse de m’enfuir d’ici j’accepte avec joie.

post1
Just escaping Mendoza and reaching 14,000!
post2
It’s cold next to the border.

La route se fait bien rapidement au fil de nos conversations et finalement, il fait un stretch jusqu’un peu avant la frontière avec le Chili. Je loge dans un restaurant tenu par trois frères, qui m’offrent même une douche et un repas chaud. C’est qu’ici on a repris de l’altitude et il caille. Le lendemain matin, il y’a même de la neige. Quelques heures plus tard, et après une fouille de mes bagages bien stricte, ça y’est j’arrive enfin au pays. Et là, c’est perte d’altitude à toute vitesse pendant un bon moment. Wouhou, quelle entrée fracassante!

post3
The beauty of Valparaiso.

Je débarque finalement à Valparaiso, grande ville côtière haute en couleurs. Et c’est peu dire, ici, le graffiti est roi, et ce pour mon plus grand bonheur. Je m’enfonce dans les rues  où les artistes ont siégés, laissant çi et là leurs signatures, transcrivant ce qui germent de leurs têtes sur le béton gris et fade. Quoi de plus beau que l’expression de celui qui crée. Je rejoins finalement Fusa, mon amie rencontrée pendant mes études en Belgique. 7 ans se sont écoulés depuis, mais on parait toujours les mêmes. On lâche deux trois fous rires et on est reparties comme si on s’était dit au revoir la veille. Et puis, commence un tout autre chapître. Les jours de repos s’enchaînent, les rencontres, le rituel d’un quotidien s’installe, je me sens fraîche. Pendant que mes jambes se régénèrent, je me nourrie de la nouveauté, la culture alternative, l’animation dans les rues. Cette ville est vibrante, et je sens que ce pays me parle beaucoup.

post4
Me and Fusa.
post5
Endemic seaweed from the coast.
post6
Lorena & I on a chilly morning.

Le temps s’éffile comme un chewing-gum sur le bitume un jour d’été, et mon rythme est décalé avec des grasses matinées jusque midi et des couchés après minuit. Je pourrais me réveiller un jour ici que ce serait la veille de mon départ pour l’Europe. Aller, je me fais violence et m’extirpe de cette petite bulle géniale et reprends la route, avec l’envie forte de dévorer le pays. Je longe la côte pendant quelques jours puis repars dans les terres, le ciel se fesant de plus en plus nuageux et menaçant. Fusa m’avait bien prévenue que plus j’allais au Sud, plus j’allais avoir des risques de pluie… Et elle fesait pas si bien dire! A peine arrivée à Santa Cruz, renommée pour ses vignobles, que les gros nuages lachent leurs peines à grandes eaux. Ouf, juste à temps je m’engouffre chez mon hôte suisse. Encore une coincidence qui ne me surprends presque plus, il vient de Bern à côté de lequel j’ai vécu ma dernière année en Europe.

post7
Mote con huesillo a delight made from peach and cereals.
post8
Woman frees yourself.

Le lendemain, le ciel est bien plus qu’obscure mais j’ai envie d’avancer. Partira, partira pas? Je me tâte vraiment, en sirotant mon maté devant la baie vitrée, les yeux perdus dans le vague. Si vous me conaissez un peu, vous vous doutez bien que j’ai été tête de mule et que j’y suis allée. Je m’échappe à peine de la ville que des grosses gouttes viennent s’écraser sur mes sacoches. Ploc…Ploc…Ploc Ploc Ploc. Je m’arrête au passage pour quémander un sac poubelle à une station service histoire de me couvrir et pas être complètement trempée. Désormais armée de ma veste déchet collection automne/hiver de l’année, je continue alors qu’il pleut des trombes. Petit check-up mental de ces 13 km parcourus du jour:

0-5 km: “Pfffff c’est quoi cette pluie de merde? Si la météo croit que c’est ça qui va m’arrêter, elle se fout bien le doigt dans l’oeil. Hahaaaaa je suis invincible.”

6-8 km:”Ouais bon quand même c’est vraiment pas marrant. Mes chaussures commencent à être trempées pour de bon…Aller, tu vas quand même pas faire ta poule mouillée non? Haha le jeu de mot…”

9-12 km: “Tcheu il caille vraiment là. T’es sure que tu veux vraiment faire 120 km ainsi? T’es un peu con quand même des fois. Au pire tu t’arrêtes à un abris-bus ou quoi.”

13 km:”Aaaaaaah un abris-bus ouaaaaaaais. Plus JAMAIS sous la pluie battante, ok?”

Bref, lamentable. Pendant que je m’affairait à sauver de l’humidité mon matériel éléctronique, un bus stoppe en face et en descend une femme modeste qui me propose de me sécher chez elle. Quelle chance! Je passe la journée chez elle, et son mari me dépose chez le suisse pour attendre que la pluie passe. Retour à la case départ. Pendant ce temps là, la cycliste belge Hilda avec qui je m’étais séparée à l’entrée du Chili me rejoint et on fait route ensemble pour une bonne semaine. On reprends un bon rythme, explosant au passage mon record de la plus longue distance parcourue pendant le voyage. On discute aussi beaucoup du retour qui nous fait peur. C’est que tout de même c’est une transition bien radicale!

post9
Beautiful painting in the room.
post10
Big step again!

C’est fou comme ici on dirait le Canada. Les rivières sillonnent les terres, les pins sont partout, et l’air ambiant bien humide. J’aime beaucoup ce climat, la pluie à part. Ca me donne l’impression de boucler une boucle. Comme si je revenais en Amérique du Nord où tout à commencer. Je découvre la ville de Valdivia au sud, où les rivières rejoignent la mer, procurant une biodiversité bien spécifique. Je vois même des lions de mer prenant un bain de soleil en plein centre ville.

post11
Some sea lions taking a sunbath in the city of Valdivia.
post12
The weather is sometimes really bad.
post13
A dead hummingbird on the way, so colorful.

Hormis les caprices de la météo, le Chili, y’a pas à dire, j’en suis amoureuse. Un petit paradis que je traverse à grande vitesse, et je me fais la promesse de revenir visiter tous ces paysages et ces gens incroyables que j’ai rencontrés. Pour l’heure, je suis arrivée sur l’île de Chiloé, une petite pépite flottante aux portes de la Patagonie. Début Novembre, une amie du Canada viendra pédaler avec moi les 1000 derniers kilomètres. Une superbe surprise pour finir joliement le voyage. Je vais rentrer dans la nature à l’état pur, et c’est pour cela que j’ai envie de parcourir ces bornes en solo jusqu’à la rejoindre. Un retour aux sources en solitaire, pour intégrer la fin d’un chapître de ma vie qui me l’aura changé pour toujours.

post14
Chiloe Island, a paradise in a paradise.
post15
Biking with a grandfather cyclist.
post16
Even here there is some people drinking Mate!

 


 

DAY 375-405 : Chile Paradise. 9550 miles.

Chile… This country has attracted me since the beginning, and my intuition was right. I departed from Mendoza solo, separating from my team with Juan and Hilda, and decided to hitchhike for the ascension to the border. I had a rendezvous with an old friend planned in Valparaiso, and I wanted to enjoy and rest a lot there.

The highway there was really crowded, but I biked along and finally came to a gas station. I heard that here, the truck drivers stop before going back into Chile. I spotted the number plates of the country and started asking the drivers. Well, it seemed that they do not really want to help me this time… It was already the early afternoon, I was only 16 miles away from Mendoza, and a really long road was waiting for me ahead. All right, if it’s like that, I will leave this place…

I pedaled less than a mile to finally join the junction of my road and tried again to hitch a ride. Yeaaaaah a van stop! Daniel, who is traveling for his job, is going in the direction of my destination but will stop a bit before. So happy to escape, I accepted with joy.

The drive passes quickly as we get lost in conversation, and finally we push through a stretch just a bit before the border with Chile. I stayed in a restaurant owned by three brothers, who offered me a shower and even a hot meal. I was again at altitude, and it was super cold. The next morning, there was even snow. A few hours later, after a really strict searching of my luggage by border patrol, I had entered Chile. From there, it was a loss of altitude and fast speed for a long time. Woohooo, such a defining entrance!

I disembarked finally in Valparaiso, a big coastal and colorful city. That’s an understatment… Here, the tag is king, and that made me very happy. I sauntered the streets where artists had sit, leaving here and there their signatures, transcribing what was germinating from their heads on the grey and drab concrete. What is more beautiful than the expression of creativity?

I finally met up with Fusa, my friend that I met during my studies in Belgium. Seven years have passed since then, but we still seemed the same. We released two or three giggles, and we reconnected as if we had said good-bye yesterday. And then, start another chapter…

Rest days flow, meetings, the ritual of a daily life gets installed, I felt fresh. While my legs were regenerating, I was feeding off of the new, alternative culture, the animation in the streets. This city is ringing, and I feel that this country was calling me.

Time melted like chewing gum on asphalt on a summer day, and my rhythms shifted – sleeping in until noon and going to bed after midnight. I could stay like that forever, but one day I would wake up and realize that it was the day before my departure for Europe…

Come on! I broke myself of this routine and wiggled free from this small, amazing bubble and took the road again, with a strong desire to take in the whole country. I biked along the coast for a few days and then head back inland. The sky was more and more cloudy and threatening. Fusa had already warned me that the more I went south, the more I would have some risks of rain… And she was right!

I had just arrived in Santa Cruz, well-known for its vineyards, when the big clouds released their sorrow with a lot of water. Phew, just in time, I rushed into my Swiss host’s home. Another coincidence (which doesn’t surprise me anymore), he is from Bern, next to where I lived my last year in Europe.

The day after, the sky was way more obscure, but I wanted to move forward. To leave, or not to leave? I was really in two minds, sipping my maté in front of the glass pane window, my eyes lost in the faraway.

If you know me a bit, you will have no doubt that I am stubborn as a mule and that I went. I had just escaped the city when big drops came crashing down on my bags. Plop… Plop… Plop Plop Plop. I stopped along the way to beg for a trash bag at a gas station, just to cover myself and not be completely wet. From then on, I was armed with my trash collection jacket, and I kept going even when it was raining.

Tiny mental chatter during those 8 miles went something like this:

0-3 miles: “Pfffff what is this shitty rain? If the weather thinks I will stop for that, it’s entirely mistaken. Hahaaaaa I am invincible.”

4-5 miles: ”Yes well still, it’s really not funny. My shoes are totally wet for good… Come on, you will not be a chicken no?”

6-7 miles: “Shit, it’s really cold now. Are you really sure you wanna do 75 miles like that? You are a bit dumb sometimes. Worst case, you can stop at bus stops or something.”

8 miles: ”Aaaaaaah a bus stop yeaaaaah. NEVER again under the heavy rain, right?”

Anyways, pitiful. While I was fussing to save my electronics from the rain and humidity, a bus stopped in front of me and a modest lady comes down from it and offers to let me dry off at her place. Such luck! I spent the whole day with her, and her husband brought me back to the Swiss guy’s place to wait out the storm.

Back to the beginning. During this time, Hilda, who I split with at the entrance of Chile, joined me, and we shared the road for a week. We got back to a good rhythm, exploding on the way with a personal record for the longest daily distance of the trip. We talked a lot as well about returning to Europe, which scared us. It will be a radical transition!

It’s crazy how similar it seems to Canada in Chile. The rivers furrow the lands, the pines are everywhere, and the ambient air is humid. I like this climate a lot, rain aside. It gives me the impression of completing the loop. Like I was returning to North America where everything began. I discovered the city of Valdivia in the South, where the rivers join the sea, procuring a biodiversity well specified. I even saw some sea lions sunbathing in the city center.

Apart from the quirks of the weather, Chile, there is not much more to say, I am in love with you. A small paradise that I crossed with high speed, and I swear to come back to visit all the landscapes and incredible people I have met.

For now, I have arrived on Chiloe island, a tiny floating nugget at the doors of Patagonia. In early November, a friend from Canada will come pedaling with me my last 600 miles. An amazing surprise for to finish the trip in a beautiful way. I will go into the wild in a pure state, and that’s why I want to do those miles alone until joining her. A coming back to the sources in solitary, for integrating the end of a chapter of my life which has changed it forever.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s