DAY 349-374: Les délices de l’Argentine | Argentina delights

DAY 349-373 : Les délices de l’Argentine. 13991 KM.

Le petit souvenir que me laissera la Bolivie m’aura bien préoccupée pendant une dizaine de jours. Voilà qu’un beau matin, je me réveille avec une douleur insupportable au niveau de la mâchoire à gauche et qui s’étend jusqu’aux cervicales. Je pense d’abord à une simple contracture musculaire, sans doute due au froid. Et ce n’est que lorsque je me retrouve face à une glace que je me rends compte de l’ampleur du problème. Complètement inflammée, la moitié de ma face est gonflée comme un ballon de baudruche, je suis devenue le sosie de hamtaro. Je peux vous assurez  que d’une ça fait assez flipper de voir son visage autant déformé, et que de deux la douleur à la mastication est tellement insupportable que je n’ose que très peu manger. J’ai de la chance d’avoir mon ami Martin, mon “docteur voyage” qui me suit depuis la France et me conseille sur le traitement à prendre. Le verdict? Lithiase salivaire, ce sont des calculs qui bouchent les canaux sécrétoires de la salive laissant enfler la glande, faute d’évacuation et d’inflammation. Je n’avais jamais entendu parler d’une chose pareille! Pourtant, hormis cela je me sens plutôt en forme et on continue d’avancer, rejoignant enfin l’Argentine.

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“The only chain of the freedom is the one from the bicycle”
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A morning in the mountains

Hé bah, j’y aurais laissé quelques plumes en Bolivie… Un nouveau chapitre s’ouvre pour un nouveau pays. Et le nord de l’Argentine regorge de ressources. Tout d’abord, et ce sera le point fort de ces derniers jours, je retrouve ENFIN de la nourriture décente. Entre les empanadas incroyables, les facturas qui sont des patisseries dignes de ce nom et du VRAI pain, je suis comblée. Adieu les plats à base de riz, pommes de terre et oeufs, c’est sans regrets! Ici c’est beaucoup plus européanisé, on y trouve des supermarchés, la propreté est là et bon… les gros pick-up conduisant comme des malades aussi. Je voyage toujours avec Juan qui connait les bonnes choses de son pays et m’en fait découvrir une multitude. Il m’inicie au maté, boisson chaude herbale ressemblant fortement au thé, et j’en deviens rapidement adepte.

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Juan, my master of the Maté
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Empanadas and local red wine. Yummieeeee
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Our bikes take some breaks as well.

Les kilomètres défilent sur le compteur, je passe la barre des 13 000 km et on atteint finalement la province de Salta, bien connue pour ses vins. Aaaaah, on se croirait presque en France! Les petits villages sont mignons, les gens accueillants et tranquilles. Et savez- vous comment reconnaitre un Argentin du reste de l’Amérique latine? Faites le parler! Hé oui, ils ont cette particularité typique et assez déroutante au début de prononcer tous les “-ll” en “-ch”. Ainsi par exemple, le “pollo” (poulet) se prononcera “pocho”. Quand enfin je commence à avoir un espagnol qui tient à peu près la route il faut que ce soient les locaux qui changent tout!

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Me, Hilda, Iris & Juan in the quebrada de las conchas.
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Cactus & sun.

L’Argentine est un pays chargé d’Histoire, avec notamment une importance de l’immigration. Le pays à ouvert ses portes aux européens au XIXe siècle afin de peupler son territoire et d’accroître son pouvoir économique. L’objectif était d’avoir plus de travailleurs, pour beaucoup dans les fermes, en échange de terres. Il faut dire que de l’espace, il y’en a ici! La vague migratoire la plus importante était italienne, et elle est apparue une seconde fois en 1914 pour échapper à la première guerre mondiale. C’est pourquoi il y’a tant cette influence européenne, que ce soit dans la gastronomie, les locaux eux-mêmes et leur manière de parler très chantée. Ici, je retrouve des gens à la peau blanche et aux yeux clairs. Plus personne ne me dévisage pendant des heures dans la rue, et c’est un soulagement. C’est fascinant de voir autant de mixité avec les indigènes, qui étaient là bien avant. L’intégration de ces deux cultures se coordonne bien dans une seule et même société. Et ça marche!

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Ceramics in the morning.
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The famous Ruta 40 which goes until Ushuaia.
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A beautiful Argentinian family provides us drinks.

Arrivés à Jujuy, on rencontre Iris, une cycliste belge voyageant seule elle aussi et partageant un mois avec son père. On pédale tous les quatre jusqu’à la ville de Salta où on prends deux jours à se relaxer et rencontrer Hilda, une autre belge voyageant seule elle aussi depuis l’Alaska. Ca fait du bien de voir d’autres cyclistes filles solo, ça fesait un bail que j’en avais pas rencontrées. On part tous les trois avec Hilda direction Mendoza. Une dizaine de jours sans aucun répit. Tchak, tchak, tchak, tchak, j’appuye sur les pédales, mécaniquement. L’automatisme se crée, je deviens machine. Le doux bruit de la chaîne s’enroulant sur les dents des pignons résonne en bruit de fond. Je prends le temps d’observer le paysage, laissant mon esprit partir dans des millions de recoins différents. Bicycle, c’est deux cycles. Un pour les jambes, l’autre dans la tête.

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14,000 km, my goodness…
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I almost tried to kidnap her, but too heavy on my bike!

L’énergie du groupe est fluide et coule de source. Le quotidien s’installe. Le soleil se lève, on plie le campement, prépare le petit-déjeuner, pédale, lunch, pédale, installe le campement, le soleil se couche, on mange et on dort. Les jours défilent, les jambes durcissent. Entre 80-140 km par jour, je peux vous dire que les ultimes 24 heures furent sur les rotules. Et le pire dans tout ça, c’est que je ne suis toujours pas lassée du vélo. Vous n’imaginez pas à quel point la vie est simple. Les seules préoccupations de la journée sont de trouver de l’eau, à manger, et un endroit pour poser la tente.

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The story of Defunta Correa, represented on the road.
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The kilometers are scrolling!

Pour être tout à fait honnête, et depuis que j’ai acheter mon billet de retour pour l’Europe, tout se bouscule dans ma tête. Rien que de penser aux derniers kilomètres jusqu’à Ushuaïa, j’en ai les larmes aux yeux. Rien que de m’imaginer sortir de l’avion sur le sol espagnol et voir les miens m’attendant, les bras ouverts, j’en suis toute retournée. Ca fera deux ans que je ne les aurais pas vu. Deux années où on a tous tant changé et pourtant on est resté les mêmes. J’ai des fois l’impression d’avoir été cristallisée dans l’espace-temps alors que certains ont eu le temps de fonder une famille, de déménager, de se marier. Des expériences de la vie bien distinctes de la mienne, mais qui bientôt vont se rejoindre. Et ce qu’on fera? Les partager. Se nourrir réciproquement de nos vies et de nos souvenirs. Je raconterais, même si bien sûr ce sera différent que de le vivre. Et qui sait, peut-être que je les ferais voyager un peu, aussi.

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This sunset, memorable…

 


DAY 349-373 : Argentina delights. 8694 miles.

A little souvenir from Bolivia preoccupied me for ten days…

On a beautiful morning, I woke up with an unbearable pain in my left jaw, shooting down all the way to my spine. At first, I thought it was a simple muscle spasm, probably due to the cold. But, it was only when I looked in a mirror that I understood the gravity of the problem. Totally inflamed, half of my face was swelled up like a balloon. I looked like the double of Hamtaro. First of all, I was freaked out to see my face like this, and secondly, the pain when I chewed was so intense that I was shy of eating.

I was lucky to have my friend Martin, my “doctor travel”, who follows me from France, to advise me on a diagnosis and treatment. The verdict? Salivolithiasis. Apparently, it is when some stones fill the secretory canals for the saliva, causing swelling of the glands due to lack of evacuation and inflammation. I had never heard about such a thing! Nevertheless, apart from that, I felt in really good shape, so we keep going onto Argentina.

Well, I lost a lot in Bolivia… A new chapter is opening for a new country. The north of Argentina is full of resources. First of all, and it’s the most important thing of the last few days, I FINALLY found decent food. In between the incredible empanadas, the facturas (pastries worthy of their name), and REAL bread, I was happy. Without any regrets, I said goodbye to those plates based on rice, potatoes, and egg!

Here it’s way more European. We can find supermarkets. It’s clean and well, except the big pick-ups that drive crazy… I am still traveling with Juan who knows all the good things in his country and is helping me to discover a lot. He introduced me to maté, a delicious earthy type of tea, and I quickly became an addict.

The kilometers keep scrolling on the meter, and I passed the 13,000 km mark! We finally reached the province of Salta, well known for their wines. Aaaaah, it is almost like we are in France! The small villages are cute, and the people are welcoming and easy going.

Do you know how to recognize an Argentinian from the rest of Latin America? Make him talk! Yes, they have this special accent which was a bit confusing to me at the beginning. They pronounce all the “-ll” sounds (normally pronounced like a “-y”) as “-sh” sound instead. For example the “pollo” (pronounced “po-yo”, meaning chicken) is pronounced “posho”. Just when I finally started to have decent Spanish, the locals go and change everything!

Argentina is fully loaded of with history, in particular, the importance of immigration. The country opened its doors to Europeans in the late 19th and early 20th century to populate the territory and grow their economic power. The goal was to have more workers, mostly in the farms, in exchange for lands. I have to say that here, there is some space! The most important migratory wave was the Italians, and they appeared a second time in 1914 to escape the first World War. That’s why there is so much European influence in Argentina, whether in the gastronomy, the locals themselves, or their way of speaking.

Here, I found more people with white skin and clear eyes. Nobody stares at me for hours in the street anymore, and it’s a relief. It’s fascinating to see that much diversity within the indigenous people who were there long before. The integration of those two cultures is well integrated into one society. And it works!

When we arrived in Jujuy, we met Iris, a Belgian cyclist traveling by herself as well and sharing a month with her father. We pedaled the four of us until the city of Salta, where we took two days to relax. We met Hilda, another Belgian by herself coming from Alaska. It felt good to see other women cyclists traveling solo. It had been a long time since I had seen any.

The three of us left with Hilda in the direction of Mendoza. A dozen days without any respite. Tchak, tchak, tchak, tchak, I pushed on the pedals, mechanically. The automation begins; I become a machine. The sweet sound of the chain rolling over the teeth of the pinions resonated in the background noise. I took the time to observe the landscape, letting my spirit get left in millions of different corners.

Bicycle, it’s two cycles. One for the legs, the other in the head.

The energy of the group was fluid and flowed easily. The daily routine began to form… The sun rises, we pack the camp, prepare breakfast, pedal, eat lunch, pedal, set up camp, the sun sets, we eat, and then we sleep. The days scroll by, and our legs harden. We were traveling between 50 to 90 miles a day, and I can assure you that the last 24 hours were really hard. But, the crazy thing about all of it is that I am still not bored with cycling. You cannot imagine how simple life is. The only worries throughout the day are finding water, food, and a place to set up the tent.

If I’m being totally honest, and since I bought my return ticket to Europe, everything is all piled up in my head. Just thinking about my last miles to Ushuaïa, I have tears in my eyes. Just imagining getting out of the plane on the Spanish land and see my people waiting for me, arms open, I am totally upside down. It will have been two years since we saw each other last. Two years during which we have all changed so much, but still staying the same.

I sometimes feel like I have been crystallized in space-time while others have found a family, moved, or gotten married. Life experiences really different from mine, but soon enough I will rejoin them. And what we will do? Share them. Feeding ourselves conversely from our lives and memories. I will tell the stories, but it will surely be different than living it. And who knows, maybe my stories will encourage them to travel a bit, as well…

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