DAY 330-348: FROID & SEL | COLD & SALT

DAY 330-348 : FROID & SEL. 12027 KM.

Quand j’ai repris la route direction la face nord du lac Titicaca, je m’étais pourtant convaincue que mon corps allait tenir la route. J’ai apparament un pouvoir d’auto-persuasion infaillible, ça je peux vous en assurez. La pampa pourtant si plane et d’habitude facile pour moi s’est transformée en veritable enfer où chaque coup de pédale me coutait en énergie et motivation. J’ai mis des heures pour enfin arriver à destination et me suis écroulée dans la première auberge que j’ai trouvé sur mon chemin. Bon, il va falloir prendre une décision un peu plus conséquente que seulement un jour de repos. Mon unique soucis est de passer la frontière jusqu’en Bolivie car quasi aucun transport et c’est donc plus simple à vélo.

post1
Last day on the Titicaca lake.
post2
My special escort to Bolivia, resting.

Apres une intense nuit de sommeil, je reprend la route et avance tranquillement, faisant beaucoup plus de breaks et des distances moindres. Mon dernier jour au Pérou se tiendra dans un tout petit village au bord du lac, durant la fête nationale du pays. Les locaux ont sortis leurs plus beaux habits traditionnels et picolent sur la place principale. Une belle manière pour moi de fêter ce pays qui m’a fait tant rêver pendant tout ce temps! C’est avec une meilleure forme physique et sous un ciel bleu que je passe le lendemain matin la frontière bolivienne, accompagnée par une escorte bien spéciale. Trois grands chiens me suivent durant plus de 15 kilomètres, m’encerclant et me quémandant de l’affection. Arrivée à Puerto Acosta, je dis au revoir à mon groupe canin et me dirige vers le poste de contrôle. Et un autre tampon sur mon passeport, un! Tenant promesse à mon pauvre petit corps, je m’engouffre dans un bus direction La Paz. Repos de quelques jours bien mérité.

post6
Entering in La Paz, lot of fiesta.
post9
Guillaume, Javier, me and Paola all cyclists.

Je loge à la casa de ciclista, bien connue des cyclistes. C’est un peu comme un squat version vélo. Ici beaucoup de passages et rencontres. Les anectodes fusent autour de repas crêpes et bières. Avec Javier, on prépare notre route et on échappe à la capitale en funiculaire tant la ville est pentue. Toute une affaire d’y faire rentrer un vélo surchargé en bouffe pour les deux prochaines semaines! On sait pertinemment qu’on va avoir froid. Très froid. L’altiplano, c’est quand même à plus de 4000 m d’altitude… Une petite semaine à rouler à deux nous permets de s’en accoutumer. Il faut bien calculer son coup avec l’eau car impossible d’en avoir le matin jusqu’à ce que le soleil dégèle les tuyaux!

DSCF9062
Javier and Me cleaning and taking water for the next day.
DSCF9073
A family which hosts us.
DSCF9102
The view a day before entering in Sajama Park.

Etant à deux, je retrouve le plaisir de camper au milieu de nul part, visiter le magnifique parc de Sajama avec ses geysers et ses ruisseaux chauds. L’activité thermique terrestre est bien notable ici! Et tant mieux pour nous, on peut se baigner et se rechauffer dehors alors que la neige nous entoure. Un seul mot : MAGIQUE. On retrouve un couple de belges avec qui j’avais bien sympathisé à La Paz, et c’est tous les quatres qu’on décide de prendre une route secondaire, longeant la frontière avec le Chili. Bien sur que je m’attendais à une piste de terre, mais pas à une plage carrément. On pousse le vélo durant des kilomètres dans le sable, mes compagnons profitant bien plus que moi. Je pense que rouler sur une route de piste est un des sentiments de frustration le plus fort que j’ai pu ressentir dans le voyage. C’est tellement intense pour moi de ne pas être capable d’avancer alors que j’y met toute mon energie et ma bonne intention que j’en deviens une enfant capricieuse. Je peste, m’énerve et chougne, me demandant bien ce que je fous là. Mais comme consolation, un paysage incroyable, et même des flamants roses et des… autruches sauvages! Vous en avez déjà vu courir à toute allure? C’est bien drôle!

post4
A beautiful view with the population of Sajama Park.
post3
Two locals working on the quinoa seeds.
DSCF9128
Camping, the joy of watching the sunset.

C’est sans appel, le lendemain je m’enfuis d’ici. Et comme ma chance éternelle me poursuit toujours, un colectivo m’embarque pour rejoindre la route principale. Je dis chance car c’est le seul et unique de la semaine qui passait par là. Oui oui, de la semaine. C’est seule que je m’engouffre dans mon tout premier désert de sel, Coipasa. Peu à peu la terre se couvre d’un manteau blanc, me plongeant tout à coup dans un paysage hivernal. Neige? Non, bien qu’il fait froid, c’est bel et bien du sel épais. Il vient s’écraser sous mes roues avec ce craquement réconfortant, me rappelant des souvenirs d’enfance quand on marche dans la neige, Irréel, l’horizon n’est plus qu’une démarcation entre le ciel bleu et le sol blanc. Wouhou! Je lâche deux trois cris dans le vide, heureuse.

post5
Behind this volcan, the salar of Uyuni.
post10
12 000 km in the Uyuni! Yeah!!

Arrivée à Salina de Garci Mendoza, je cherche désespérement une auberge pour me loger mais tout est fermé. Ecumant la ville entière, j’en reviens à mon point de départ, sur la place principale. Et là, oh miracle, un autre vélo tout équipé! C’est Juan, un chic type d’Argentine qui à traversé tout le Bresil. Avec lui, on se dirige vers le fameux salar de Uyuni. Qui sera bien plus difficile que prévu car trempé. Il y’a tant d’eau que l’entrée se fait en tongues, car on ne veut pas mouiller nos chaussures. Et vient s’ajouter à ça un vent de côté horrible. Si bien qu’on met des heures et des heures pour couvrir 40 km et qu’on ne sents plus nos orteils. Un début d’hyporthermie nous fait bien peur et on pense chacun dans notre coin qu’on va perdre nos doigts de pieds! Ouf que non, mais la douleur est telle que quand je les réchauffe à l’arrivée en mettant une simple paire de chaussettes, elle m’arrache deux trois cris de douleur. Le lendemain, on arrive à la ville de Uyuni, d’où je vous écris, remise de cette aventure de dingue.

post7
A morning in Inkahuasi, the island of the cactus in the Uyuni.
post8
Crossing the wet salar of Uyuni.

 

Et voilà que déjà la Bolivie se termine dans 5 jours tout au plus, je n’aurais pas pensé être aussi bien accueillie, et aussi surprise par tant de diversité et de beauté des paysages. Un bon petit coup de coeur d’Amérique du Sud, clairement! Mais au prix quand même d’un froid polaire et d’une difficulté des routes. Argentina? Me voilà!


 

DAY 330-348 : COLD & SALT. 7473 MILES.

When I took the road in direction of the north face of the Titicaca Lake, I really convinced myself that my body would be fine. I apparently have an infallible power of self-persuasion, I can assure you. The landscape was so flat and usually easy for me, but it became a veritable hell where every push of the pedal taxed my energy and motivation. I spent hours, and then I finally reached my goal and collapsed into the first guesthouse I found on my way.

Well, I have decided to take a bit more than only one day off. My only concern was to pass the border of Bolivia because there was almost no transport available, so it was easier by bike. After an intense night of sleep, I took the road again and went easy, taking way more breaks and covering smaller distances.

My last day in Peru took place in a really small village next to the lake, during their national day. The locals wore their most beautiful clothes and drank on the main plaza. It was a beautiful way for me to celebrate this country, which I had been dreaming of for so long! With better health and under a blue sky, I crossed the Bolivian border the next day, joined by a really special escort…

Three big dogs followed me for more than 10 miles, surrounding me and asking me for affection. When I arrived at Puerto Acosta, I had to say goodbye to my dog group and go to the control post. Another stamp on my passport, another one! Keeping my promise to my poor little body, I rushed onto a bus for La Paz. It was a well-deserved rest for a few days.

I stayed at the Casa de Ciclista, well known by the cyclists. It’s like a squat, bike version. There is a lot of crossing paths and meeting up of those on the road. Anecdotes fly around our crêpe meal and beers. With Javier, we prepare for the road, and we escape the capital by funicular since the city is hilly. It was quite a mission to get the bike fully loaded with food for the next two weeks and ride it. We know that we will be cold ahead. Really cold. The altiplano is more than 13,100 ft. high… We biked for a week to get used to it and each other. We really needed to manage our water because it was impossible to have some until the sun defrosted the pipes each day!

Being two of us, I again found the joy of camping in the middle of nowhere, visiting the gorgeous Sajama Park with its geysers and hot springs. The geothermic activity is really notable here! And good for us… we could take a bath and get warm outside while the snow surrounded us. One word: MAGICAL.

We met up again with a couple from Belgium who gave me a nice contact in La Paz, and the four of us decided to take a secondary road, next to the border of Chile. I was expecting a gravel path instead of pavement, but not a beach… We pushed the bikes for miles in the sand. My friends enjoyed it way more than me. I think that biking on a sandy road is one of the strongest feelings of frustration that I got to feel during this trip. It’s so intense for me to to give all my energy and effort and move barely anywhere. I would swear, get pissed off and grumble, asking myself “why I am here.” But for consolation, there was an incredible landscape and even some flamingos and wild ostriches! Have you ever seen them running at a furious pace? It’s really funny!

Without another option, the day after I escaped from there. And, because my eternal luck is still pursuing me, a bus took me to join back up with the main road. I say luck because it only passes near there once a week. Yes, once a week.

It’s alone that I rushed into my first salt desert, Coipasa. Little by little, the ground was covered by a white coat, and suddenly I was immersing myself into a winter landscape. Snow? No, even though it’s really cold, it’s well and truly thick salt. It was crashing under my wheels with this comforting cracking, reminding me of childhood memories of walking on the snow. It was unreal. The horizon was nothing more than a line in between the blue sky and the white ground. Woohoo! I released two or three screams in the air, happy.

When I arrived in Salina de Garci Mendoza, I desperately searched for a place to stay, but everything was closed. I went around the whole city, but I came back to my departure point, on the main plaza. And there, another miracle, another bike fully loaded!

This was Juan, a great guy from Argentina who had crossed all of Brazil. With him, I went in the direction of the famous salar de Uyuni (which was way more difficult than I thought because it was totally wet). There was so much water that the entrance was made with us in flip-flops, because we did not want to wet our shoes. A terrible side wind added to the misery of it as well.

We took hours and hours to cover 25 miles, and we could not feel our toes by the end. The beginning stages of frostbite frightened us, and we thought that we might lose our toes! Phew, that didn’t happen, but the pain was so strong that when I warmed them upon arrival with a simple pair of socks, I gave out two or three screams of pain. The day after, we reached the city of Uyuni, where I am writing this blog and recovering from this crazy adventure.

Already Bolivia is ending after five days at most. I never thought of it being so welcoming and was also surprised by the diversity and beauty of landscapes. A great little secret of South America, clearly! But, at the cost of a polar cold and the difficulties of the road. Argentina? Here I am!

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s