Day 287-307 : C’est le Pérou! | This is Peru!

DAY 287-307 : C’est le Pérou! 10868 KM.

Les derniers jours en Equateur étaient loin d’être de tout repos. Bien qu’habituée aux dénivelés intenses des montagnes, ce que je n’avais pas prévu, ce sont les bains de boue. Histoire de sortir un peu des grandes routes, je décide de prendre un raccourci de terre qui va à Loja, dernière grande ville du pays. Longeant une rivière, j’écoute les oiseaux gazouiller et les quelques petites maisons çi et là s’éparpillent à côté du sentier. La seule tâche qui vient assombrir le tableau c’est cet amas nuageux grisonnant dans le ciel. Qui se fait de plus en plus inquiétant, et finalement déverse une à une ses gouttes. La terre devient de plus en plus malléable et se transforme en boue. Je commence à pédaler dans le vide malgrés tous mes efforts pour avancer. J’ai l’impression d’être dans un camp d’entraînement militaire, avec l’option bonus “Pluie battante te cisaillant le visage”. Bon là faut pas déconner. Je stoppe et prends un bus pour les 10 derniers km avant ma destination.

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Last morning in Ecuador
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Wouuuuuhou! Never thought I will do that’s much!

Le moral des troupes est au plus bas. Sans doute à cause du mauvais temps, et que des troupes il n’y en a plus. Je continue le jour suivant par une petite étape et le surlendemain je prends un bus pour la frontière, sachant la route que de terre. Une fois, pas deux. Le bus mettra plus de 8 heures pour parcourir les 150 km qui me sépare avec le Pérou. Sans regrets donc. Je change mes derniers dollars en soles, et me dirige droit au bureau des douanes. Quelques échanges sympas avec les douaniers, deux trois conseils et un tampon en plus sur le passeport. Me voilà au Pérou!

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Bike on the bus for the border
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Drying the coffee beans on the road

Les premiers jours annoncent la couleur, c’est montagne et montagne. Allez, je me motive, fais des rencontres supers sympas et pédale jusqu’à Jaen. Ici, fourmillent sur la route les motos taxis ou Tuk-tuk comme on les appelle en Thaïlande. D’ailleurs, avec toutes les rizières que je croise, j’ai même l’impression d’y être! Je suis hébergée chez Miguel, dont le père tient une boutique de vélo depuis des années. La relève est là et c’est devenu un business familial. Le lendemain, on veut faire deux trois petits réglages avant que je prenne la route. Et puis on se rend compte avec stupéfaction qu’au niveau de toutes les têtes des rayons de ma roue arrière, le métal se fissure, cédant sous la charge. Misère… Je vais devoir m’adapter. Je ne pars plus et on change la roue. J’ai quand même de la chance d’être dans une boutique de vélo et non au milieu de je ne sais quel désert… Je décide donc d’être plus minimaliste encore et me détache de pas mal d’affaires qui me servent guère. Réparation faite, je prend un bus le lendemain pour rattraper mon retard sur mon planning.

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First mechanic problem, the crank
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The metal of my wheel cracking on the head spokes…

Ce que j’aime par dessus tout ici, c’est le calme de la Sierra. Tout porte à la tranquillité ici. Que ce soit les moutons et ânes en bord de route, mastiquant l’air hagard et relevant la tête, surpris de ma venue. D’ailleurs, je ne sais pas lequel de nous deux est le plus surpris… Ou bien les locaux tout simplement. Les femmes vêtues de vêtements éclatants de couleurs marchent avec leur seau de lait fraîchement tiré. “Hola!” je lance, enjouée. “Buenos dias” me répondent-elles, en dévisageant l’engin sur lequel je suis enfourchée. Ou bien des fois, il n’y a aucune réponse. Je trouve ça dommage, mais un coup d’oeil dans mon rétroviseur me montre qu’elles se retournent et pouffent de rire. Je souris, au moins, j’attise leur curiosité malgré leur timidité. Et cette odeur d’eucalyptus que j’aime tant. Le vent s’engouffre dans leurs feuilles et fait tinter les branches, m’offrant une bourrasque parfumée. Je suis bien contente d’être ici, et le prix à en payer ce sont ces cols interminables et ce dénivelé de la mort qui tue.

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Like in Thailand, the Tuk-Tuk are crazy on the road.
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People stop on their way for picture time.

 

Je prends la route en direction de Cajamarca dans un froid polaire, dépassant les 4000 m d’altitude. Le thé de feuilles de coca du petit-déjeuner m’aide à combattre le mal des montagnes et je me sens plutôt en forme. Je grimpe encore et encore et arrive au sommet. Ca caille à mort! Je m’arrête vite pour mettre toutes les couches de vêtements possible, me sentant devenir oignon. Sous-pull, tee-shirt, veste, surveste et gants. Je commence à descendre et la pluie s’abat sur moi. Quelle horreur! Et le vent de face due à la descente ne fait qu’empirer les choses. Je tient bon jusqu’au moment où je ne sens plus ni mes doigts, ni mes orteils et que mon corps spasme. Bon, prochaine maison je m’arrête. Par chance, la porte était ouverte et je m’engouffre sans demander mon reste. Une jeune femme habitant seule voit mon désespoir et me fait un thé. Il me faudra une heure pour me réchauffer.

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I will remember this terrible cold day.
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The beauty of the stairs in Cajamarca

Un jour de repos bien mérité à Cajamarca me recharge les batteries et je suis parée pour la suite. Le décor change et j’ai l’impression d’un retour à mon bien aimé Mexique. Cactus, aloe vera explosant leurs rameaux au bord du bitume et ciel d’un bleu limpide me renvoie au pays du tacos. Au moins, je ne risque plus l’hypothermie… De petit village en petit village, j’avance paisiblement dépassant les hommes et leurs troupeaux et… “GRINGO! GRINGO!” Ah oui, petit détail. Ici, je suis gringa (étrangère) et on me le rappelle tous les jours avec ces cris lancés à la volée. Ne sachant pas comment le prendre, ça m’agaçait fortement au début. Jusqu’au jour où un merveilleux couple de retraités chez qui je logeais m’a offert le dîner. Au départ, Juan m’a appelée “Gringita” (petite gringa), affectueusement, me serrant dans ses bras pour me dire au revoir. Depuis lors je le vis mieux, et j’ignore pour la plupart du temps.

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My new friends of the road.
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A gang of bikers helping me, they are like big brothers.

Je suis descendue aujourd’hui dans un canyon surréel, où un sentier biscornu se fait sa place entre deux énormes murs sableux et jaunâtre. Je me sens comme évoluer sur une autre planète et me dirige vers Huaraz dans trois jours. Et quand on me demande, alors le Pérou, c’est comment? Je n’arrive à rien répondre d’autre que “C’est génial”. Car pour moi il est impossible de transcrire toute la diversité des paysages que j’ai eu la chance de traverser en l’espace de dix jours, ainsi que la gentillesse des gens. Ici, on s’arrête pour prendre des photos, on me fait des calins, on m’invite à manger et pour me dire au revoir on me dit “Cuidate Gringita!” (Prends soin de toi, Gringita). Promis, je n’y manquerais pas!

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La plaza de armas de Pallasca
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Mountain and colorful people.

 

DAY 287-307 : This is Peru! 6753 miles.

My last days in Ecuador were far from relaxing. Although I got used to the intense elevation of the mountains, what I did not prepare for was the mud baths. To get off the beaten path, I decided to take a ground shortcut which goes to Loja, the last big city of the country. Following a river, I heard the birds chirping, and there were a few little houses here and there scattered next to the trail. The only blotch on this picture perfect ride was the grey cloudy cluster in the sky, which started to get more and more worrying… and then, finally spilled its drops one by one. The ground started to be more and more malleable and converted into mud. I started to spin despite all my efforts to keep going. I felt like I was in a military camp, with the added bonus of “driving rain shearing your face.” Well, now let’s quit messing around. I stopped and took a bus for the last 10 km to my next destination.

The morale of our troops is at its lowest. Undoubtedly because of the bad weather, and because there are no longer troops… I continued the day after with a small step, and two days later I took a bus to the border, knowing the road was asphalt. One time, not two. The bus took 8 hours to cross the 93 miles which separated me from Peru. Without any regrets, I changed my last dollars into soles, and went right to customs. A nice dialogue with the officials, two or three tips, and one more stamp in the passport. Here I am, Peru!

The first days announced the color, it’s mountain and mountain. Come on, I got motivated, had some amazing meetings with people, and pedaled until Jaen. There, there was a swarm on the road of moto-taxis or Tuk-Tuks as they call them in Thailand. Moreover, with all the rice fields that I crossed, I even felt like I was in Thailand. I was hosted by Miguel, whose father has had a bike shop for years. The succession is there, and it began as a family business. The day after, we wanted to do a few adjustments before I would take the road. And then, we noticed with stupefaction that on the level of all my head spokes from my back wheel there were metal cracks, giving way to the weight. Misery… I had to adapt my departure plans. I hung around a bit longer, and we changed the wheel. I was really lucky to have been in a bike shop at the time and not in the middle of a desert… So I decided to be more of a minimalist and discard a few things that I don’t really use. After the repair was done, I took a bus to catch up on delaying my plan.

What I love over everything else is the calmness of the Sierra. Everything is about tranquility here. It’s the sheep and donkeys on the side of the road, masticating while looking haunted, lifting their heads, surprised by my coming. However, I don’t know which one of us is more surprised…

Or simply just the locals. The women wearing clothes dazzling of colors walking with their buckets full of milk freshly draw off. “Hola!” I say, playful. “Buenos dias” they answer me, staring at the gear I have on. Or sometimes, there is no answer back. I find it a shame, but a quick look on my mirror shows me that they turn back and guffaw. I smile, at least, I stir their curiosity, even their shyness.

And there’s the eucalyptus smell that I love so much. The wind steeps into their leaves and jingles their branches, offering me a perfumed squall. I am really happy to be here, and the price to pay is those endless passes and this elevation of the death which kills.

I took the road in the direction of Cajamarca in a polar cold, passing the 13,000 ft high. The coca leaf tea from breakfast helped me to fight the mountain sickness, and I felt pretty good. I climbed again and again and finally reached the top. It was freezing! I stopped quickly to put on all the layers of clothing possible, becoming an onion. Basic long sleeve, tee-shirt, jacket, coat, and gloves. I began to ride down the hill, and the rain slaughters on me. Such a horror! Due to the descent, the front wind just makes things worse. I held up until the moment when I couldn’t feel my fingers and toes anymore and my body was in spasms. Well, the next house I saw, I had to stop at. By chance, the door was open, and I stepped in without ado. A young lady living there alone saw my despair and made me a cup of tea. It took me an hour to get warm.

A well-deserved day off at Cajamarca loaded my batteries, and I was ready for the next section. The decor changed, and I had the feeling of coming back to my dear Mexico. Cacti everywhere, aloe vera exploding their shoots next to the asphalt, and a sky with a limpid blue sent me back to the taco country. At least, I didn’t risk hypothermia anymore…

From small village to small village, I moved forward peacefully, passing the men with their herds and…”GRINGO! GRINGO!” Ah yes, small detail. Here I am gringa (foreigner), and they remind me every single day with those cries launched on the fly. I did not know how to take it. It was bothering me a lot at the beginning. Then, one day a wonderful retired couple, who I was hosted by offered me dinner. At the beginning, Juan called me “Gringita” (little Gringa) affectionately, squeezing me in his arms when saying bye. Since then I like it a little bit better, and I ignore it most of the time.

Today, I went down in a surreal canyon, where a quirky trail made its way in between two huge sandy and yellow walls. I felt like I’ve been evolving on another planet while going in direction of Huaraz in three days. When people ask me, so Peru, how was it? I cannot say nothing more than “It’s amazing.”  For me, it’s impossible to translate all the diversity of the landscapes I got the chance to cross in ten days, and also the kindness of the people. Here, they stop to take pictures with me, give me hugs, invite me to eat with them, and when saying good bye to me they say “Cuidate Gringita!” (Take care of you, Gringita). Promise, I will not forget it!

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