Day 269-286: En Amazonie | In Amazonia

Day 269-286 : En Amazonie. 9839 km.

Le matinée du jour des élections, on traine au lit à l’hôtel avec Adrian et Laura. Après tout, la frontière n’ouvre qu’à 16h. Mais prevoyant qu’il y’aurait quand même pas mal de monde, on s’y rend vers 13h. Et là, on assiste à une scène peu commune. Une file immense, qui débute au point militarisé jusqu’à des centaines de mètres derrière, nous attend. On dirait un immense boa constrictor doté de dizaines de paires d’yeux qui sont rivées sur nous. On contourne le tout et on vient s’ajouter à la masse.

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Crowded border to reach Ecuador
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Cyclists structures on the way

Quelques heures plus tard, ça ouvre enfin, et c’est la cohue. Des centaines de migrants du Vénezuela sont là eux aussi. Ils fuient leur pays déchiré par une crise politique, les laissant mourir de faim. Je ne peux à peine imaginer leur passé terrible et ne peut que comprendre leur volonté de fuir, simplement pour vivre. J’ai croisé des familles entières et je peux vous dire que c’est à creuver le coeur. Deux files sont crées, une pour eux, une pour le reste. On est reparti pour au moins toute la soirée à attendre…Et c’est avec beaucoup de chance qu’on tombe sur un douanier cycliste qui nous fait passer avant tout le reste. Décidément, y’a du bon à vivre en deux roues! Une bonne montée nous annonce à l’Equateur et nous arrivons à Tulcan pour dormir.

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Mountains forever.

Premières impressions du pays? Il fait froid! Moi qui pensais n’utiliser mes habits chauds que pour la cordillère des Andes… Mais qu’est-ce que c’est tranquille, c’est vraiment agréable. Les locaux sont assez discrets, posés, respectueux. Je me sens en confiance ici. Au niveau de la route elle-même, je pense que le mieux est de la comparer à des montagnes russes. On monte de manière assez pentue, jurant qu’après on fait un petit break, et juste après ça descend tellement fort qu’on a envie d’en profiter et ne pas s’arrêter, et de nouveau une côte… Ainsi jusque Quito.

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Main place on Quito.
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Strange flowers.

Cette capitale signifie des énormes changements pour mon parcours. Le premier est matériel. Apres maintes et maintes creuvaisons, des freins qui ne freinent pas (je peux vous dire que c’est flippant dans les descentes), et des vitesses plus possibles pour un relief pareil, il est temps pour moi d’offrir un petit relooking à mon vélo. Et je peux vous assurer que la différence est immense! Je suis parée pour finir en toute sécurité et dévorer les montagnes. Le second changement est sur le plan humain. Je continue ma route en solitaire après plus de six mois en compagnie diverse.

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La Mitad del Mundo
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The view of all Quito from the Teleferico
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Last day with Laura

Les premiers jours de transition étaient un peu stressant et je me dirigeais tant bien que mal en direction de la forêt amazonienne. Et ce malgrès un terrible vent de face qui me faisait chavirer sur mon embarcation, comme un fétus de paille. J’arrive à Baños, petite fourmillère touristique aux portes de l’Amazonie. Ici se mêlent étrangers, chivas (bus ouverts) vomissant leurs musiques commerciales sur la route, et les locaux en habits traditionnels vêtus de chapeaux aux plumes toutes plus belles les unes que les autres. Beaucoup de monde pour une si petite ville. Le soir, les rues sont animées d’un marché nocturne et les restaurants offrents leurs Cuy (cochons d’inde) rôtissant sur leurs broches.

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Risk of volcanic eruption here!
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Eating cacao beans, yummie!
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Roasted Cuy? No thanks!

Mais ce que j’attends le plus, c’est de m’enfoncer peu à peu dans la forêt amazonienne. Et le lendemain me l’offrira. Longeant une route sineuse à flanc de montagne, je perds beaucoup d’altitude et l’humidité devient de plus en plus pesante. Je fais un stop chez les pompiers qui me donnent l’hospitalité alors qu’une pluie battante me rinçait. Au menu du soir, histoires sur les tribus nomades qui vivent encore dans la selva (jungle), bon dîner et même un lit. Au petit matin, je m’engage sur la route de la Madre Tierra où il n’y a pas un chat. Mon émotion est tangible, j’y suis pour de vrai. L’humain a bien du mal à contenir cette route qui se fait dévorer par la flore incontrôlable. Je me sens reposée dans cette nature qui résonne de sons d’animaux que je ne peux identifier. Tout est calme, en parfaite osmose. C’est tellement simple et harmonieux. Je crois que je n’oublierais jamais cette sensation.

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The road of Tierra Madre, I will never forget.

J’arrive chez Freddy et Olga qui tiennent une ferme de fruits du dragon jaune. On va se baigner dans la rivière et on rigole bien tous ensemble. Au petit matin, les caprices de la nature se font entendre par une pluie tropicale qui dure des heures et des heures. Impossible de prendre la route, alors je me résigne à retourner dans les montagnes en mettant le vélo dans leur truck. Arrivée à Cuenca très tard le soir, je me prends un day off pour visiter cette ville magnifique aux aspects européens.

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Freddy’s dragon fruit cider, amazing!
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The streets of Cuenca, quiet and beautiful

L’Equateur, c’est déjà fini dans une poignée de jours. Le temps passe tellement vite et à la fois s’étire à l’infini. Il me reste quatre pays de taille et je rentre en Europe. C’est bizarre pour moi de me dire que plus de la moitié a été faite, et que le compte à rebours est lancé. Je me rapproche de plus en plus de mon but final, mêlée d’excitation et d’appréhension. J’aurais bien du mal à vous retranscrire toute mes émotions que j’ai pu vivre depuis le début. Mais je sais qu’elles font parties de moi et qu’elles m’ont changées pour toujours.

 


 

Day 269-286: In Amazonia. 6114 miles.

The morning of the election day, we rotted abed in the hotel with Adrian and Laura. After all, the border didn’t open until 4pm. But we figured that there would be a bunch of people, so we decided to get there around 1pm. We arrived to a scene we were not quite expecting though… A huge line, which started from the militarized point to a hundred meters away, was waiting for us. It looked like a big boa constrictor fitted with dozens of pairs of eyes riveted on us. We walk around it and got added into the mass.

A few hours later, the border finally opened, and it was crowded. Hundreds of migrants were there as well. They escaped their country during a political crisis that left the people starving. I cannot imagine their terrible pasts and can understand their desire to escape, simply to remain alive. I passed complete families on the road, and I can tell you that it was heartbreaking. Two lines were created, one for them, one for the rest. We were expecting to be in line all evening… But, we got lucky and found a customs officer cyclist who let us pass in front of everybody. Undoubtedly, it’s good to live on two wheels! A big up hill introduced us to Ecuador, but we were in! We reached Tulcan and turned in for the night.

First impressions of the country? It’s cold! I was thinking I would use my warm clothes only for the Andes cordillera… Nope! But, it’s so peaceful in Ecuador, so pleasant. The locals are really chill and respectful. I felt safe and confident. About the road itself, I think it’s best to compare it to a roller coaster. We went up really steep parts, swearing that we would take a small break just after, and just after it went down hill so strongly that we wanted to enjoy it and not stop! But then there was always another up hill waiting at the bottom… It was like that until Quito.

This capital represents a lot of changes for my trip. The first one is material. After a lot of punctures, brakes that do not brake (I can to tell you that it’s super scary on the down hills.), and speed too small for this kind of relief, it was time for me to do a small retooling of my bike. The difference was huge! I was ready to finish this ride in security and devour the mountains. The second change was on the human plan. I will continue my road alone after more than six months in diverse company.

The first few days of transition was a bit stressful, and I was heading to the Amazonian forest. Despite a terrible head wind, which was making me capsize on my craft like a wisp of straw, I arrived in Baños, a small touristic anthill on the gates of the Amazonia. There, foreigners melt together, chivas (open buses) puke their commercialized music onto the road, and locals wear traditional clothing and hats with faders each more beautiful than the next. There are a lot of people for such a small city. In the evening, the streets are animated by a night market, and the restaurants offer Cuy (guinea pig) roasting on a spit.

I am most exciting to sink into the Amazonian forest though, and I was only a day away. Going along a winding road on the mountain slope, I lost a lot of altitude and the humidity started to be more and more heavy. I stopped at the fire station, which treated me with hospitality while the driving rain rinsed me. On the menu tonight… stories about the nomad tribes that are still living in the selva (jungle), good dinner, and even a bed. In the early morning, I headed out on the road of Madre Tierra where there was not a soul.

My emotions were tangible, I am here for real. It is difficult for humans to maintain the road, which is devoured by the uncontrollable flora. I felt revitalized in this nature resonating animal sounds I could not identify. Everything was calm, in a perfect osmosis. It was so simple and harmonious. I will never forget that feeling.

I arrived at Freddy and Olga’s yellow dragon fruit farm. We went swimming in the river, and we laughed a lot all together. In the morning, the caprices of nature made themselves heard through a tropical rain that lasted for hours and hours. It was impossible to take the road again, so I resigned myself to go back to the mountains with my bike in their truck. We arrived in Cuenca in the late evening, and I took a day off to visit this wonderful city with several European aspects.

Ecuador, it was almost done in just a few days. Time passes so fast and seems to stretch on and on at the same time. I have four more huge countries to crosse before I return to Europe. It’s strange for me to notice that more than half of this journey is completed and that the countdown is on. I am getting closer and closer to my final goal, melting with excitement and apprehension. It would be hard to put all of the emotions I have lived through since the beginning into words, but I know they are a part of me and that they changed me forever.

2 thoughts on “Day 269-286: En Amazonie | In Amazonia

  1. Again thanks for sharing—what beautiful scenery—feel sad for the folks that have to flee their homes just because of the politics of their country…Congratulation on almost being to the end of your journey…knowing for sure that your family is anxious to see you and hear first hand all about your experience….as always–be safe and have fun….bob

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