DAY 7-13: La routine | The routine

Day 7-13: La routine. 420,5 km.

La routine s’installe gentiment et mon corps commence à supporter les 60 à 100 km quotidien que je lui inflige. Le Canada ne m’avait pas menti, sa nature est exactement comme je l’avais imaginée et j’en prends vraiment plein la vue. J’évolue seule, au milieu de ces interminables forêts vieilles de plusieurs siècles, qui ont vues passer plus d’un être humain. Je respire. J’essaye de capter chaque instant, dans cette odeur de résine de pins mêlée d’humidité, avec en fond sonore le cliquetis de ma chaine s’enroulant autour de mes vitesses.

Starting to be cold in Canada.

Je monte direction le nord, il commence à faire bien plus frais et je suis bien contente d’avoir mon bonnet et ma polaire. Je passe Duncan et me dirige vers Nanaimo, la seconde plus grande ville de l’île de Vancouver. Je vais y rencontrer Ben, un américain qui m’avait hébergé lors de mon périple au Japon.

Boats is one of the mainly transport in those islands.

Je file à toute vitesse, et puis… Cling… Cling… Cling… ma roue saute à chaque tour et quelque chose ne va pas, c’est clair. Je persiste pendant une dizaine de km, niant l’affaire, m’épuisant deux fois plus que d’habitude. Court check pendant la pause midi, je ne vois rien, je ne comprends pas. Je vais quand même chercher un magasin de vélo dans la prochaine ville, qui sera malheureusement fermé. Merde…Mais comme j’ai toujours de la chance, je vois deux types travaillant sur leur voiture, je demande de l’aide, et un me suggère de regarder mon pneu arrière qui est complètement à plat. Effectivement… mais comment j’ai fais pour ne pas le voir ?! Je me sens bien stupide, erreur de débutante. On le fixe et je suis repartie, ravie de rejoindre Ben. Aaaah, je m’épuise beaucoup moins avec deux pneus gonflés, sans blague ! Un bon dîner autour d’une poutine, spécialité du Quebec, me fera oublier cette mésaventure.

 

Memory of this long ride under the rain.

Le lendemain sera ma plus longue distance de ce périple, 108 km, dont 4 heures sous la pluie battante. Mais j’ai toujours la motivation de rejoindre Tara, rencontrée 6 mois auparavant en Thaïlande. Le majeur stress de cette journée sera d’attraper à temps les deux ferrys pour rejoindre Hornby Island, cette magnifique réserve naturelle peuplée d’une communauté hippie, idéale pour me reposer quelques jours.

 

Albini, Tara and Julie, Hornby Island.

Et comme rien n’arrive par hasard, je rencontre deux surfeuses québécoises qui m’invitent à les rejoindre dans leur van pour Tofino, un spot mondialement connu pour le surf. J’hésite, ce n’est pas dans mon programme… Mais en fait, quel programme ? De devoir me dépêcher à boucler le Canada pour redescendre aux USA ? Pourquoi je devrais toujours me presser? C ‘est fou comme même après une demie année de voyage on garde encore la mauvaise habitude du stress et de courir après le temps… Alors c’est décidé, cette opportunité je la saisie et demain on part pour l’océan, histoire d’aller entamer quelques vagues.

Traditional music party in the barn.

 

Voyager à vélo pour moi c’est pas seulement pédaler d’un point A à un point B, c’est aussi se laisser bercer au fil des rencontres, à être flexible. Et c’est tout un apprentissage, de ne pas savoir où on sera dans une semaine, avec qui, à faire quoi.  Mais en somme, on se sécurise avec un emploi, une routine, une vie peut être plus stable, mais je pense qu’au fond c’est pareil. Personne ne peut savoir de quoi demain sera fait.


Day 7-13 : The routine. 261 miles.

The routine gently settles down, and my body starts to endure the daily 37-62 miles I inflict upon it. Canada did not lie to me. Its nature is exactly how I imagined it, and I really got an eyeful. Now, I progress alone, into those century-old endless forests, which have seen way more than one human being. I breathe. I try to capture every moment. The smell of pine resin mixed with moisture, and in background, the rattling sound of my chain wrapping on the gears.

I went up to the North. It’s starting to be way more fresh, and I am really happy to have my cap and my fleece. I crossed Duncan and headed to Nanaimo, the second largest city on Vancouver Island. I met Ben there, an American who hosted me during my bike trip in Japan.

I speed through, and then… Cling…Cling…Cling… my wheel jumps every turn and something is wrong, it’s clear. I persist for a few miles, denying the evidence, and wearing myself out twice as much. I did a quick check during lunch but did not see anything. I don’t understand… Still, I searched for a bike shop in the next city, which was unfortunately closed. Shit… But like always, I am lucky. I see two guys working on their car. I ask for help, and one suggests that I watch my back tire which is completly flat.

Indeed… but how did I not see that?! I felt stupid, beginner’s mistake. We fix it, and I set off again, delighted to join Ben. Aaaah, I wore myself out way less with two inflated tires, (no kidding)! A good dinner around some poutine (speciality from Quebec), and it makes me forget this misadventure.

The following day is the longest distance of this journey, 67 miles, and 4 hours are in the driving rain. But, I am motivated to meet up with Tara, whom I met 6 months before in Thailand. The main stress of this day was catching the two ferries in time for Hornby Island, a beautiful natural reserve populated by a hippy community, ideal for resting few days.

And since nothing happens by chance, I met two canadians surfers who invited me to join them in their van headed for Tofino. It wasn’t in my program, but let’s be honest, I don’t really have a program… Hurrying myself to pedal to the end of Canada and head for the USA? Why should I hurry myself? That’s crazy! Even after half a year of traveling, we still keep the bad habit of stress and running after time… So it’s decided, I will take this opportunity, and tomorrow we depart for the ocean, in order to surf a few waves.

For me, traveling by bike is not only about pedaling from point A to point B; it’s also about being in a series of unexpected events, to be flexible. It takes some adjusting to not knowing where you will be in a week, with who, or doing what. But in short, we secure ourselves with a job, a routine, a life that maybe is more stable, but I think it’s basically the same. Nobody can know what tomorrow will bring.

3 thoughts on “DAY 7-13: La routine | The routine

  1. Ton style d écriture et les photos superbes donnent envie de te suivre. Mais je ne suis pas capable d’une telle aventure. Il faudra trouver un éditeur a ton retour ! Bisous

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